Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas | David Foster Wallace

Je pourrais commencer cet article en vous disant que David Foster Wallace fait partie de ces écrivains trop peu connus en France qui mériteraient que le grand public leur accorde l’importance qu’ils méritent. Qu’en grande amatrice de littérature américaine j’ai lu avidement tous ses livres et que je les conseille chaleureusement à tout le monde. J’aurais pu mais je ne le ferai pas car, pour être tout à fait honnête, David Foster Wallace, j’ignorais son existence il y a encore un mois.

Je traînais à la librairie avec, comme toujours, la ferme intention de ne rien acheter quand mon oeil a été attiré par ce titre « Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas ». Toujours décidée à ne rien acheter, j’ai jeté un regard qui se voulait désintéressé à la quatrième de couverture et les mots « recueil d’essais et de chroniques » m’ont sauté aux yeux. Il ne m’en a pas fallu plus pour courir à la caisse et renier mes bonnes intentions. Comme décidément le hasard fait bien les choses, @belleslectureslesgens a lancé quelques jours plus tard son challenge #avrilenamerique, l’occasion parfaite pour lire ce livre symbole de mon absence totale de discipline en matière d’achat de livres.

Si vous me suivez depuis le début, vous savez déjà que j’aime les chroniques qui sont à mi-chemin de deux de mes dadas : la littérature et le journalisme. Vous savez peut-être aussi que j’ai subi une énorme déception avec la lecture de J’aime le sexe mais je préfère la pizza, livre au titre aussi très prometteur mais dont le contenu m’a totalement exaspérée. Eh bien Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas, c’est un peu l’antithèse de J’aime le sexe mais je préfère la pizza. En gros : c’est réussi.

Le livre rassemble des textes écrits par David Foster Wallace dans les années 90 pour différentes revues sur des thèmes très divers comme une foire agricole dans l’Illinois, le cinéma de David Lynch ou les effets de la télévision sur la littérature américaine. Mais mon texte préféré reste celui qui a donné son titre au livre. Ce truc soit-disant super auquel l’auteur ne voulait plus qu’on le reprenne, c’est une croisière de luxe dans les Caraïbes. Imaginez un David Foster Wallace, agoraphobe, déprimé, pas particulièrement sociable, obligé de passer, pour les besoins d’un reportage, une semaine sur un paquebot de grand luxe où tout est fait pour divertir des personnes âgées qui refont le même voyage chaque année. C’est simple, ce texte est tout ce que doit être une chronique : bien écrit, critique et teinté d’un humour bien mordant. J’ai particulièrement aimé le fait que le récit oscille entre une observation très minutieuse et journalistique du voyage et l’opinion de l’auteur, complètement désabusé.

Si comme moi vous aimez ce genre littéraire, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre. Pour ma part, je vais me procurer ses autres recueils.

« La première fois que j’aperçois en vrai David Lynch sur le plateau du film, il est en train d’uriner contre un pin rabougri ».

Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas, de David Foster Wallace | Chez J’ai lu, 637 pages.

3 comments Add yours
    1. Il l’est ! En plus rien n’oblige à le lire d’une traite, tu peux mettre le livre de côté et y revenir plus tard.

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