Tarte aux pêches tibétaine | Tom Robbins

Je ne peux pas m’empêcher de trouver ça un peu bizarre de lire le récit de la vie d’un auteur dont on a jamais lu aucun livre. Pire : je trouve ça un peu bizarre de lire le récit de la vie d’un auteur dont on avait jamais entendu parler avant d’acheter ses mémoires. C’est pourtant ce qui m’est arrivé avec l’écrivain américain Tom Robbins et sa Tarte aux pêches tibétaine. Robbins est pourtant l’auteur de neuf romans qui ont rencontré un succès international.

Pour être tout à fait exacte, ce livre n’est ni une autobiographie (un genre qui devrait être réservé, prévient l’auteur dans la préface du livre, aux « auteurs universellement connus »), ni des mémoires. Du moins pas des mémoires ordinaires, Robbins n’ayant pas vécu « ce que la plupart des gens normaux appelleraient une vie normale ». C’est bien l’impression qu’on a tout au long de la lecture de Tarte aux pêches tibétaines. Tom Robbins est tout sauf normal, et ce depuis sa plus tendre enfance durant laquelle il se plaisait à boire de l’encre ou du Mercurochrome.

La vie de l’auteur est à l’image de cette anecdote. C’est un original qui n’a jamais vraiment été adapté à son époque, bohème, doté d’un toupet hors norme et indéniablement sympathique. On le suit depuis son enfance en Caroline du Nord et en Virginie, lors de sa mobilisation lors de la guerre de Corée où il se prend de passion pour la culture asiatique, jusqu’à Seattle où il devient critique d’art (alors qu’il n’y connait strictement rien).

Certaines anecdotes sont savoureuses. On apprend ainsi que Tom Robbins est allé à l’université avec Tom Wolfe (devenu le père du nouveau journalisme) ou qu’il a refusé de laisser Charles Manson, qui n’était encore qu’un illustre inconnu, pousser la chansonnette alors qu’il animait une émission de radio musicale à Seattle. Certaines histoires sont tellement loufoques qu’on peine presque à y croire. Pourtant l’auteur prévient, toutes sont « absolument authentiques ». Par moment, on ne peut s’empêcher de penser au film Big fish de Tim Burton, notamment quand Tom Robbins nous parle de sa passion pour les cirques et des histoires qui y sont attachées.

Ce qui m’a surtout frappée, c’est que Tom Robbins semble être un écrivain né. Il a d’ailleurs décidé de devenir écrivain alors qu’il n’était qu’un enfant. Quand il avait sept ans, il se promenait dans le jardin de la maison familiale en se racontant des histoires à voix haute en tapant le sol avec ce qu’il appelait « son bâton de conteur ». L’écriture a toujours été présente dans sa vie. Il écrivait pour le journal de son école, pour celui de son université, pour le journal de l’armée, il est devenu journaliste. Il lui aura pourtant fallu plusieurs décennies avant de devenir l’auteur qu’il rêvait d’être, de « trouver sa voix littéraire ».

Comme je le disais, je n’ai lu aucun des romans de Tom Robbins, mais le récit de sa vie ne m’a donné qu’une envie : y remédier au plus vite.

« En matière de choses géniales, l’être humain n’a jamais rien inventé de mieux que le livre. »

Tarte aux pêches tibétaine, de Tom Robbins | Chez Gallmeister, 480 pages.

4 comments Add yours
  1. C’est vrai que ça fait penser à Big Fish. Et à Forrest Gump, pour la richesse des situations historiques traversées par le « héros ».

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