La physique des catastrophes | Marisha Pessl

Quand on va sur la fiche Goodreads de La physique des catastrophes de Marisha Pessl, on est frappé par le nombre de gens qui ont abandonné le livre. Beaucoup s’en prennent au style de l’autrice et aux multiples références dont elle a parsemé son récit. Ce constat m’a complètement consternée car quel livre que celui-ci !

Marisha Pessl

La physique des catastrophes c’est le livre écrit par Bleue Van Meer, la narratrice, une jeune fille de 16 ans pas comme les autres. Bleue est supérieurement intelligente. Elle vit avec son père, Gareth, un professeur d’université un peu fantasque. Sa mère est morte dans un accident de voiture alors qu’elle n’avait que six ans. Depuis, le duo sillonne l’Amérique au gré des affectations du père. Pour la dernière année d’étude secondaire de Bleue, les Van Meer se fixent une année entière dans la petite ville de Stockton, en Caroline du Nord. La jeune fille commence à fréquenter un groupe d’étudiants qui se réunit tous les dimanches avec une professeure, la troublante et magnifique Hannah Schneider.

Pour Bleue, qui est habituée à vivre en autarcie avec son père, l’intégration dans ce groupe est compliquée. D’autant que des événements étranges surviennent. Un homme meurt lors d’une soirée chez Hannah, celle-ci adopte un comportement étrange et Bleue finit par la retrouver pendue dans les bois, à l’occasion d’un week-end de randonnée. Mais la jeune fille ne croit pas à la thèse du suicide et son enquête va la mener bien plus loin que ce qu’elle imaginait.

Forcément, quand on lit un résumé pareil, où il est question de jeunes gens qui gravitent autour d’un professeur charismatique, on pense au Maître des illusions de Donna Tartt. Mais la ressemblance s’arrête là. La construction narrative est totalement différente, le style de Marisha Pessl aussi.

Marisha Pessl

L’autrice parsème son récit de références culturelles et de citations, réelles ou inventées. Et cette faculté à inventer des références aussi crédibles n’est pas donné à tout le monde. De ce récit, se dégage une érudition et, à mon sens, un esprit supérieur. Le constat se confirme quand on se renseigne un peu sur le parcours de Pessl.

Je me suis énormément attachée au personnage de Bleue. La jeune fille navigue dans un monde dont elle ne comprend pas les codes. Ses codes à elle, se sont ceux que son père lui a enseignés. Un monde fait de savoir et de livres, où la superficialité n’a pas sa place.

Certes, la conclusion du récit peut sembler un peu fantasque. La qualité de la plume de Marisha Pessl ne nécessitait peut-être pas autant de créativité dans le dénouement. J’ai néanmoins énormément aimé cette histoire, à la croisée du roman d’apprentissage, du thriller et du roman d’espionnage.

En résumé, un grand livre, qui m’a gardée éveillée tard le soir, et une romancière à surveiller. D’ailleurs, je compte bien lire son deuxième livre, Intérieur nuit.

« Lorsqu’un homme est quelque part, il songe à un autre lieu. Lorsqu’il danse avec une femme, il ne peut s’empêcher de rêver à l’épaule nue d’une autre ; n’être jamais satisfait, n’avoir jamais le corps et l’esprit réunis en un même endroit est la malédiction de la race humaine. »

La physique des catastrophe, de Marisha Pessl | Chez Folio, 832 pages.

Photo de Joris Voeten via Unsplash

2 comments Add yours
  1. J’avais beaucoup aimé ce livre et j’ai totalement cru que les references étaient réelles puisqu’elles me donnaient envie de les lire. Je crois bien que je le relirai quand j’aurai le temps.

    1. Moi aussi au départ je pensais que toutes les références étaient vraies ! J’ai vraiment hâte de lire Intérieur nuit maintenant.

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