Père et fils | Larry Brown

Comme l’écrit si bien Marie-Claude (Madame Hop ! sous la couette), il y a des romans après lesquels nous courons. Pour moi, à partir du moment où un livre se passe dans le sud des Etats-Unis, qu’un ou deux pick-up poussiéreux passent par là et que ça sent la sueur et la bière, je suis à peu près sûre de ne pas être déçue. Et s’il y a quelques homicides, c’est encore mieux. Père et fils de Larry Brown regroupe ces qualités. Je savais dès le départ que j’aimerai ce livre, mais sa lecture a quand même largement dépassé mes espérances.

Nous sommes en 1968 dans le Mississippi, Glen sort de prison. Il vient de purger une peine de trois ans pour avoir renversé et tué un garçon de sa ville alors qu’il était sous l’emprise de l’alcool. Si ce retour dans sa bourgade natale aurait pu être l’occasion de rentrer dans le rang, Glen préfère régler quelques comptes : à peine 48 heures après sa libération, il commet un double meurtre. Ses envies de vengeance ne s’arrêtent pas là, d’autant que des secrets de famille enfouis depuis plusieurs générations refont peu à peu surface, entraînant son entourage dans une spirale de violence.

Ce qui surprend quand on débute la lecture de Père et fils, c’est la simplicité de l’écriture de Larry Brown, il n’y a pas un mot de trop, aucune fioriture. Pourtant, rien ne manque tant les descriptions sont précises, les mots choisis avec justesse. L’ambiance est posée dès les premières lignes et on comprend vite qu’il n’est pas question de rigoler. Les personnages sont bien campés, on suit l’histoire tour à tour à travers leurs yeux. Ce qui frappe aussi, c’est cette impression de lenteur, presque étouffante, comme la chaleur du Mississipi, et à la fois cette violence.

Mais ce qui m’a le plus bluffée, c’est cette capacité à faire ressortir l’humanité qui se cache derrière chaque protagoniste, y compris derrière Glen, en apparence si abjecte. En fait, il y a beaucoup de psychologie dans ce récit, personne n’est totalement bon, personne n’est totalement mauvais. C’est certainement ce qui le rend si réaliste… et addictif.

« Tous les mauvais trucs avaient lieux le week- end . Les gens se mettaient à boire et devenaient dingues. »

Père et fils, de Larry Brown | Chez Gallmeister, 368 pages.

5 comments Add yours
  1. L’humanité de Glen, elle est bien cachée. Je l’ai trouvé tellement lâche et pathétique que je n’ai rien vu de rachetable. J’ai beaucoup aimé le livre cela dit.

    1. C’est vrai qu’il est franchement détestable mais on sent quand même bien que ses problèmes viennent de sa mère et qu’au final il les subit plus qu’autre chose depuis sa naissance. Bien sûr ça n’enlève rien à l’horreur de ses actes !

  2. Tu as raison, Larry Brown sait s’y prendre faire pour ressortir l’humanité qui se cache derrière les apparences. C’est avec ce titre que j’ai découvert Larry. Il m’a envoûtée. Maintenant, tu dois à tout prix lire « Sale boulot ». Pour ma part, il y a « Fay » et « Joe » qui m’attendent. Coups de coeur quasi assurés!

    1. C’est prévu ! Si ses autres livres sont aussi bons que Père et fils ça promet de bons moments de lecture.

  3. Je dois le lire – le personnage me fait penser à un autre personnage aussi méchant (et qui finit très mal) mais lorsque l’auteur le montre épiant son fils ado de loin, il n’est plus aussi « méchant » que ça ! Hâte de le lire du coup

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