Ombres sur la Tamise | Michael Ondaatje

En ce moment, je suis particulièrement sensible aux premières de couverture. Je peux ressentir une envie irrépressible de lire un roman juste parce que sa couverture m’attire l’oeil, quand bien même le thème abordé ne m’intéresserait pas en temps normal. C’est exactement ce qu’il m’est arrivé avec Ombres sur la Tamise de Michael Ondaatje.

Nous sommes à Londres, en 1945. Alors que la Seconde guerre mondiale vient de prendre fin, les parents de Nathaniel et Rachel leur annoncent leur prochain départ pour l’Asie… sans eux. Le temps de cette absence, les deux adolescents sont confiés aux bons soins d’un ami, un individu dont ils ignoraient jusque-là l’existence. L’homme est si mystérieux qu’ils le nomment « le Papillon de nuit ». Petit à petit, une routine s’installe dans la maison familiale qui commence à accueillir de plus en plus de personnages hauts en couleur. Parmi eux, le Dard de Pimlico, un délinquant notoire dont Nathaniel va se rapprocher. Mais ces rencontres attirent également l’attention de Nathaniel et de Rachel sur les mystères qui entourent leurs parents.

Dans ce récit, l’auteur du Patient anglais met en scène Nathaniel dans une succession de flashback entre 1945 et 1959, après la mort de sa mère, alors qu’il a rejoint le Foreign Office britannique. Ces flashbacks, brillamment orchestrés, lèvent progressivement le voile sur l’histoire familiale et notamment sur les activités de la mère pendant la guerre. Parallèlement, Michael Ondaatje, qui semble s’être livré à un travail de recherche impressionnant, nous éclaire sur la vie à Londres pendant et après la Seconde guerre mondiale. C’est tout simplement passionnant.

Ni roman initiatique, ni roman historique, ni thriller, ce livre est bien difficile à définir. Peut-être est-il tout ça à la fois. Plus qu’un simple livre sur la famille (ce qui aurait tôt fait de m’ennuyer), Ombres sur la Tamise est avant tout une oeuvre sur l’identité et la recherche de la vérité. Le propos est porté par des personnages flamboyants et la fluidité de l’écriture d’Ondaatje. Une belle surprise, donc.

« La vérité des choses n’est accessible qu’à ceux qui n’ont pas de certitudes ».

Ombres sur la Tamise, de Michael Ondaatje | Chez Boréal, 348 pages | Parution en France aux éditions de l’Olivier en avril.

Photo by Rory Björkman on Unsplash

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