La maison hantée | Shirley Jackson

L’envie de lire ce livre m’est venue après le visionnage de la série The Hauting of Hill House sur Netflix. The Hauting of Hill House, c’est d’ailleurs le titre original de ce roman. Pourtant, force est de constater que la série n’est en rien une adaptation du livre, tout au plus les scénaristes s’en sont inspirés (et encore). Il vaut mieux être prévenu.

Revenons-en au livre, donc. Le docteur Montague, spécialisé dans l’analyse des phénomènes paranormaux invite, pour les besoins de sa prochaine étude, trois personnes à séjourner à Hill House. La maison a été construite durant le XIXè siècle par un riche industriel. Depuis, les rares personnes qui ont osé l’habiter ont connu de funestes destins ou on fuit avant que ce destin les rattrape. Parmi les convives, il y a Eleanor, une jeune femme discrète, réservée, qui a passé une bonne partie de sa jeunesse à s’occuper de sa vieille maman ; Théodora, son opposée, séduisante jeune femme, sûre d’elle et indépendante ; et enfin Luke, futur héritier du domaine, dépêché par la famille pour surveiller l’expérience.

Le huis-clos s’avère aussi anxiogène qu’on peut l’imaginer. La maison, personnage à part entière du roman, prend vie, les invités sont confrontés à des phénomènes étranges. Au fil des jours, l’atmosphère devient étouffante, comme si les murs se refermaient sur eux. Ici, point d’hémoglobine ou de fantômes, tout est suggéré mais le malaise est bel et bien là, et c’est ce qui fait la grande force de ce roman.

Son autre force, c’est ses personnages, et notamment Eleanor. La jeune femme s’avère particulièrement réceptive aux phénomènes de la maison. Elle est craintive, angoissée, a toutes les peines du monde pour s’intégrer au groupe, surtout face à Théodora qui incarne la fille populaire par excellence. Eleanor finit d’ailleurs par voler la vedette au personnage de la maison, tant sa personnalité est complexe et sujette à questionnements de la part du lecteur.

Au final, on ne sait plus bien si l’on est dans un livre d’épouvante ou dans un roman psychologique. À vrai dire, peu importe, car on passe un bon moment. Certes le livre est un peu désuet, un peu sexiste, et l’histoire semble un peu timorée comparée aux fictions du genre que l’on connaît maintenant (le livre a été écrit en 1959), mais on en ressort quand même impressionné par tant de maîtrise de la part de l’auteure et légèrement mal à l’aise, il faut bien l’avouer.

« Ne soyez pas si craintive, dit-elle en tendant la main pour lui effleurer la joue ; on ne sait jamais où on puise son courage ».

La maison hantée, de Shirley Jackson, traduit de l’anglais par Dominique Mols et Fabienne Duvigneau | Chez Rivages Noir, 250 pages.

Photo : Amos Bar-Zeev via Unsplash

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.