Lune d’automne | Clarissa Goenawan

J’ai choisi Lune d’automne de Clarissa Goenawan par hasard à la bibliothèque, uniquement inspirée par la couverture et le résumé. Je ne suis pas du genre à prendre des risques en matière de lecture, ayant déjà une wishlist longue comme le bras, mais grand bien m’en a pris : ce livre s’est révélé être une très agréable surprise.

Clarissa Goenawan est originaire de Singapour mais l’action de Lune d’automne se déroule au Japon, dans les années 1990. Alors que sa soeur Keiko vient d’être assassinée, Ren quitte Tokyo pour assister à ses funérailles dans la petite ville d’Akakawa. Une chose en entraînant une autre, Ren se retrouve à vivre dans la même maison que sa soeur et à lui succéder à son poste d’enseignante. Petit à petit, il découvre que Keiko n’était pas la fille sans histoire et solitaire qu’il pensait. En marchant sur ses pas, Ren espère pouvoir découvrir qui elle était réellement et élucider son meurtre.

Il y a quelque chose de Murakami dans ce livre, je ne serais d’ailleurs pas surprise d’apprendre qu’il est une inspiration – voire un modèle – pour l’autrice. Clarissa Goenawan installe peu à peu une atmosphère très onirique. Elle mêle présent, flashback, rêves avec beaucoup de dextérité. La seule différence avec Murakami, c’est qu’on n’arrive jamais vraiment à s’abandonner dans ce récit. On ne retrouve pas cette sensation particulière qui rend les livres de Murakami si délectables. Le manque d’expérience peut-être.

Je qualifierai Lune d’automne de « thriller tranquille ». C’est tout en douceur que l’action se déroule mais le suspense est bien là. L’intrigue tient la route et, plusieurs fois, j’ai été convaincue de tout comprendre, avant d’être à nouveau perdue.

On sent un grand talent chez Clarissa Goenawan. L’écriture est belle et l’autrice parvient à restituer l’ambiance du Japon et les subtilités de cette société. D’ailleurs, comme chez Murakami (encore lui), la nourriture est très présente : c’est une lecture qui donne faim. La plume de Clarissa Goenawan n’est peut être pas encore tout à fait mûre, mais toujours est-il qu’elle est assurément très prometteuse. Vivement le prochain !

« La tristesse seule ne peut faire de mal à personne. C’est ce que tu fais quand tu es triste qui peut te blesser et blesser ton entourage. »

Lune d’automne, de Clarissa Goenawan, traduit par Aude Carlier | Les escales, 400 pages.

Photo d’Andre Benz, via Unsplash.

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