L’Embaumeur | Isabelle Duquesnoy

Le roman historique a longtemps été mon genre de prédilection. J’en ai lu des dizaines, avidement, jusqu’à l’écoeurement, pour finalement m’en détourner. C’est en voyant une photo de la couverture de L’Embaumeur passer à plusieurs reprises sur Instagram que l’envie m’est venue de le lire. Grand bien m’en a pris.

Victor Renard est né sous le sceau de la malchance. Son jumeau est mort-né, ses parents sont convaincus que c’est lui qui l’a tué puisque le pauvre Isidore a été étouffé par le cordon ombilical de Victor. A compter de ce jour, sa mère ne cessera de le haïr et de le lui faire savoir. Alors qu’il est encore enfant, son père meurt éviscéré par une charrue. Devenu ado, Victor n’a a pas beaucoup de succès avec les filles, d’autant qu’il est né avec le cou tordu. Sa vie change le jour où sa mère le fait embaucher par Monsieur Joulia, un embaumeur parisien. Au côté de cet homme qui le prend en amitié, Victor apprend l’art de l’embaumement qui lui apportera fortune et reconnaissance.

Sauf que la chance ne dure pas. Victor se retrouve marié à une femme alors qu’il en aime une autre, Angélique, une prostituée du Palais-Royal. Et les choses empirent quand Victor est arrêté. Le récit de sa vie est d’ailleurs la retranscription de sa confession lors de son procès.

L’Embaumeur possède toutes les qualités d’un bon roman historique (selon moi du moins) : du suspense, de l’érudition et de jolis mots. Du suspense car jusqu’aux toutes dernières pages, on ignore ce dont Victor est accusé. On sent bien que l’accusation est grave mais à aucun moment je n’aurais imaginé à quel point. De l’érudition car on apprend beaucoup à travers le récit de la vie de Victor Renard. J’ai surtout apprécié que l’auteur distille son savoir avec mesure. Il n’est en effet par rare, dans les romans historiques, que l’auteur nous jette à la figure ses connaissances quitte à assommer le lecteur d’informations. De jolis mots enfin, le style d’Isabelle Duquesnoy étant fluide, agréable et à aucun moment prétentieux.

Ce livre, lu en une poignées de jours, pourrait bien me réconcilier avec le genre du roman historique. Je le conseille aux férus d’histoire et à toute personne ayant envie de passer un bon moment de lecture.

« Même devenu riche, je n’ai cessé d’avoir peur. On croit que l’abondance des biens nous guérit, mais c’est un leurre. En dégustant ma richesse, j’ai goûté une nouvelle crainte : celle de tout perdre. »

L’embaumeur, d’Isabelle Duquesnoy | Aux éditions de la Martinière (528 pages) et en poche chez Points (480 pages)

4 comments Add yours
    1. En lisant L’Embaumeur on pense forcément au Parfum mais d’une façon positive. J’avais adoré Le parfum et j’ai souvent regretté de ne pas trouver un autre livre qui me ferait cet effet là, eh bien L’Embaumeur a relevé le défi ! Je te le conseille vraiment.

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