Le petit copain | Donna Tartt

Retour à la littérature américaine à laquelle j’ai consacré mon mois d’avril. Le hasard a fait que j’ai poursuivi mon challenge #avrilenamerique avec la lecture de ce livre de Donna Tartt dont chaque page m’a rappelé Le bruit et la fureur de William Faulkner. L’ambiance est en effet très proche puisque dans ces deux livres l’histoire se situe dans une petite ville du sud des Etats-Unis où la ségrégation et les tensions entre les classes sociales sont palpables.

Le récit tourne autour du personnage de Harriet, jeune fille de 12 ans à la maturité étonnante. Elle vit avec sa mère, devenue dépressive à la suite de la mort de son fils ainé, Robin, retrouvé pendu à un arbre du jardin alors que Harriet n’était encore qu’un bébé. L’assassin n’a jamais été identifié. Harriet a une grande soeur, Allison, jeune fille rêveuse de 16 ans. Alors que l’année scolaire vient de s’achever, Harriet décide de consacrer son été à la recherche de la vérité sur la mort de son grand frère. Quand Ida Rhew, qui travaille au service de la famille, lui affirme que l’auteur ne peut être que Danny Ratcliff, un redneck des environs, Harriet n’a plus qu’une seule idée en tête : le tuer pour venger Robin.

La recherche de l’assassin de Robin n’est selon moi qu’un prétexte dont s’est servi Donna Tartt pour décrire l’ambiance du sud des Etats-Unis. Trois forces sont en présence : les blancs aisés mais plus autant qu’autrefois, dont la famille de Harriet fait partie, les noirs qui travaillent pour eux, ont un rapport privilégié avec la famille mais vivent dans la misère, et les blancs pauvres, les rednecks, qui s’en prennent aux noirs et vivent de leurs larcins. C’est à cette dernière catégorie que Danny Ratcliff, celui que Harriet accuse du meurtre de son frère appartient. Tout au long des quelque 850 pages qui composent ce livre, Donna Tartt nous plonge dans chaque communauté avec un réalisme saisissant. C’est là tout l’intérêt de ce récit.

Je dois en revanche avouer que je suis restée un peu sur ma faim. J’avais adoré Le maître des illusions et Le chardonneret, mais j’ai trouvé Le petit copain un poil en dessous. Mes reproches tiennent essentiellement aux personnages que j’ai trouvés fort peu attachants. Harriet, par exemple, apparaît comme une petite fille capricieuse et égoïste. Le personnage de sa soeur est inconsistant et celui de sa grand-mère, qui occupe une grande place dans le récit, franchement horripilant. Les personnalités de ces protagonistes ont ponctué ma lecture d’agacement. C’est dommage car l’histoire en elle-même est parfaitement bien construite et parfaitement bien écrite, comme toujours chez Donna Tartt. Malgré cela, Le petit copain reste un très bon livre qui mérite de faire référence en matière de littérature américaine.

« Elle ne s’intéressait pas aux livres dans lesquels les enfants grandissaient, car (dans la vie comme en littérature) ce processus entraînait un affaiblissement accéléré et inexplicable du caractère ; de façon totalement inattendue, les héros et les héroïnes renonçaient à leurs aventures pour un amour insipide, se mariaient et fondaient une famille, et, en général, se comportaient comme un troupeau de vaches. »

Le petit copain, de Donna Tartt | Aux éditions Pocket, 864 pages

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