Le maître des illusions | Donna Tartt

Qu’on le qualifie de chef d’oeuvre ou qu’on le juge surfait, la lecture du Maître des illusions de Donna Tartt laisse rarement indifférent. Pour ma part, je fais partie de la première catégorie depuis que je l’ai découvert il y a quelques années. Ma lecture récente de La physique des catastrophes de Marisha Pessl m’a donné envie de relire Le maître des illusions. Ces deux livres présentent en effet quelques similarités.

couverture

Ici, le personnage principal s’appelle Richard. Originaire de Californie, cet étudiant en lettres décide de rejoindre une université du Vermont pour échapper à la morosité de sa vie et à ses parents. Souhaitant continuer l’apprentissage du grec ancien, le jeune homme rencontre celui qui enseigne cette discipline au Hampden collège, le très singulier Julian Morrow. Le professeur finit par accepter d’intégrer Richard à son petit groupe très élitiste d’élèves – ou disciples devrais-je dire. Ceux-ci suivent exclusivement les enseignements de Morrow et vivent presque coupés du reste de l’université. Tout oppose le nouveau venu à ses cinq camarades : ils sont riches, il est boursier, ils sont charismatiques, il passe inaperçu.

Richard a tôt fait de développer une forme de fascination pour ce groupe composé de quatre garçons et d’une fille. Il vit son intégration parmi eux comme une chance. Sauf que dès le prologue, on apprend que l’un d’entre eux est assassiné et que les relations au sein du groupe ne sont pas si saines qu’elles en ont l’air.

Un objet littéraire non identifié

Les premiers chapitres nous racontent l’arrivée de Richard à l’université et son amitié naissante avec les cinq autres élèves. Donna Tartt lève ensuite le voile sur la personnalité de chacun d’eux et sur les relations qu’ils entretiennent. Petit à petit, des non-dits et des secrets se font jour. Richard navigue parmi eux, sans vraiment comprendre, aveuglé qu’il est par leurs personnalités flamboyantes, jusqu’à ce que l’impensable survienne.

Le maître des illusions est un OLNI (objet littéraire non identifié) : pas tout à fait un thriller, pas tout à fait un roman d’initiation, pas tout à fait un roman psychologique. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme de ce livre et ce qui fait qu’il est si difficile d’en parler. Il est ici question d’amitié, d’amour, d’illusions, puis de désillusions.

En fait, à mon sens, il y a tout dans cet ouvrage : des personnages complexes, une intrigue très bien ficelée, une belle écriture et une atmosphère envoutante. Les 700 pages se tournent toutes seules, à tel point qu’il est bien difficile de ne pas se couper de toute vie sociale pendant cette lecture.

“La beauté est rarement douce ou consolatrice. Plutôt le contraire. La véritable beauté est toujours très inquiétante.”

Le maître des illusions, de Donna Tartt, traduit par Pierre Alien | Chez Pocket, 720 pages.

Photo de Lucien Kolly via Unsplash.

2 comments Add yours
  1. Malheureusement, je fais personnellement partie de la 2nde catégorie… j’attendais beaucoup de ce titre, et sa lecture m’a surtout ennuyée, malgré les qualités que je lui reconnais..

    1. C’est le problème des livres dont on parle beaucoup, ça m’est arrivé avec d’autres d’ailleurs.

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