La revue de presse littéraire #5

Un bon lecteur lit tous les auteurs

Sur le site de The Guardian, Rhiannon Lucy Cosslett parle de la tendance qu’ont certains hommes à se détourner des livres écrits par des femmes. Elle rapporte les propos d’un libraire anglais qui expliquait sur Twitter qu’alors qu’il n’avait jamais entendu une de ses clientes dire « Je ne lis pas de livres écrits par des hommes », il lui arrive d’entendre au moins une ou deux fois par mois des clients dire qu’ils ne lisent pas des livres écrits par des femmes. Selon la journaliste, « ce que nous appelons la grande littérature continue a être forgée par les hommes, car trop d’hommes considèrent que seuls les hommes sont des adversaires à leur hauteur ». Or, comment se considérer comme un grand lecteur quand on se prive volontairement de tout un pan de la littérature ?

Le premier bibliobus de Kaboul

Archimag relaie cette belle initiative d’une jeune diplômée d’Oxford. Freshta Karim a créé un bus-bibliothèque baptisé « Charmaghz » (qui veut dire à la fois « noix » et « quatre cerveaux » en persan) qui sillonne les rues de Kaboul. Le bus accueille chaque jours plus de 300 jeunes afghans. « Notre mission est de créer une opportunité pour la pensée critique et de permettre aux enfants afghans de 18 ans et moins de s’interroger, de lire, de poser des questions, d’être eux-mêmes et de s’amuser », a-t-elle expliqué. Le bus met à la disposition des enfants plus de 600 ouvrages, offerts par des éditeurs afghans. L’association a lancé une campagne de crowdfunding, vous pouvez participer ici.

L’élitisme culturel se porte toujours aussi bien chez Télérama

Je ne devrais peut-être pas relayer un torchon pareil mais j’en ai un peu ras le bol de l’élitisme de Télérama, et de l’élitisme culturel de manière général. Dans sa chronique « Lecture par dessus l’épaule », Marine Landrot nous fait part des réflexions que lui inspire la rencontre d’un lecteur dans le métro. Cette semaine, elle a croisé une jeune femme qui lisait Sharko de Franck Thilliez. L’article part d’un chiffre plus que réjouissant : 80 % des Français n’envisagent pas de partir en vacances sans un livre. Cette donnée aurait pu être l’occasion pour l’auteur de se réjouir mais non car, ô désespoir, la plupart de ces Français ne partiront pas avec un exemplaire de Philip Roth, de Patti Smith ou de Yoko Ogawa. Non, ils partiront avec des livres de Marc Lévy, de Guillaume Musso et, donc, de Franck Thilliez. Je vous laisse apprécier par vous-même la prose et la réflexion de Marine Landrot, l’apothéose de l’article étant la gêne qu’elle ressent face au titre du livre de Thilliez : « Ça ne perturbe pas trop la lecture, cette image de Sarko qui clignote à chaque fois que le héros est mentionné ? ». Et vous Marine, ça ne vous perturbe pas trop d’atteindre le niveau zéro de la réflexion ?

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