L’insoutenable légèreté de l’être | Kundera

Il est des livres dont on peine à parler. La preuve, cette chronique attend patiemment d’être écrite depuis dix jours. L’insoutenable légèreté de l’être est à mon sens un livre qui se vit, une expérience individuelle qui résonnera différemment en chacun d’entre nous. Je vais quand même essayer de vous partager mes impressions avec vous.

L’histoire se déroule à Prague, autour de 1968. En plein printemps de Prague et de l’invasion de l’URSS, Tomas et Tereza se rencontrent et tombent amoureux. L’idée est donc assez simple : un homme, une femme, chabadabada chabadabada. C’est sans compter la force des personnages imaginés par Kundera. Tomas, grand séducteur tiraillé entre son amour profond pour Tereza et ses aspirations libertines. Tereza, qui rêve du grand amour et souffre d’être rongée par la jalousie. Sabina, maîtresse de Tomas, qui rejette l’idée même de l’engagement, dans tous les pans de sa vie.

Le récit repose sur deux concepts : la légèreté, à laquelle aspire Sabina, et la pesanteur, dans laquelle se perd Tereza. Tomas oscille entre l’un et l’autre. J’ai lu ça et là que l’histoire d’amour entre Tereza et et Tomas est certainement l’une des plus belles que compte la littérature. Chacun se fera son idée, pour ma part je ne partage pas cette façon de voir les choses. On ressent beaucoup d’amour, certes à la lecture de ce livre, mais beaucoup de souffrance aussi. Au final, la vie apparaît comme une fatalité.

Plus que le récit d’une histoire d’amour, L’insoutenable légèreté de l’être est une réflexion sur la vie. J’ai rarement posé autant de post-it dans un même livre. Et ces réflexions dépassent largement le champ sentimental. Le fait que l’histoire se déroule avant, pendant et après le printemps de Prague y est pour beaucoup et Kundera en profite pour se livrer à une critique virulente du totalitarisme soviétique, de tous les totalitarismes d’ailleurs, à travers le concept du kitch« Au royaume du kitsch totalitaire, les réponses sont données à l’avance et excluent toute question nouvelle. Il en découle que le véritable adversaire du kitsch totalitaire, c’est l’homme qui interroge », explique-t-il.

L’insoutenable légèreté de l’être a été ma première rencontre avec Kundera. J’en retiens un livre riche et profondément inspirant, je compte bien poursuivre ma découverte de cet auteur.

« Le vertige, c’est autre chose que la peur de tomber. C’est la voix du vide au dessous de nous qui nous attire et nous envoûte, le désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. »

L’insoutenable légèreté de l’être, de Milan Kundera | Chez Folio, 480 pages

Crédit photo : Libor Hajsky / Reuters

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