Françoise en dernier | Daniel Grenier

Tiens, de la littérature québécoise ! Ça faisait longtemps non ? Françoise en dernier, de Daniel Grenier, traînait dans ma bibliothèque depuis un moment déjà. J’ai regretté de ne pas lui avoir accordé l’intérêt qu’il mérite plus tôt tant j’ai aimé ce livre.

Le récit se déroule en 1997, dans la banlieue autour de Montréal. Françoise a 17 ans, elle vient de terminer son secondaire. Très loin du cliché de l’adolescente en fleur, Françoise détonne. La jeune femme a deux péchés mignons : voler tout et n’importe quoi, et squatter pendant quelques jours les maisons de personnes parties en vacances. Souvent, elle disparaît de chez elle puis réapparaît comme une fleur, sans que ses parents ne s’en inquiètent.

Un jour, elle tombe sur un vieux numéro du magazine Life. C’est le déclic. En couverture, Helen Klaben, une Américaine de 21 ans partie pour l’Alaska durant l’hiver 1963. L’avion qui devait l’emmener à bon port s’est écrasé dans le Yukon et la jeune femme et son pilote ont survécu pendant 49 jours dans des conditions extrêmes, en mangeant du dentifrice, jusqu’à ce qu’ils soient enfin retrouvés. Françoise décide alors de partir tout l’été sur les traces de son idole. Elle parcourt l’Amérique, telle une hobo des temps modernes, jusqu’au Yukon.

J’ai particulièrement aimé ce road trip pas comme les autres. Je pense que la réussite de Françoise en dernier tient essentiellement dans le personnage de Françoise. Une ado simple, singulière, très éloignée des clichés habituels et à laquelle je me suis attachée. Mais là où Daniel Grenier fait fort, c’est dans la façon de mener de front deux récits : celui de la jeune Françoise et celui de Helen Klaben.

À travers ces deux héroïnes, c’est une ode à l’aventure que propose ici l’auteur, mais aussi une réflexion sur la quête de sens, le besoin de laisser un trace dans notre monde. Le tout est porté par une belle écriture, simple et dynamique.

Reste quand même une interrogation, à l’issue de cette lecture. Pourquoi ce « en dernier » dans le titre ? Mystère.

« Je ne veux plus jamais me retrouver dans un endroit où si je crie personne ne peut m’entendre. »

Françoise en dernier, de Daniel Grenier | Le quartanier, 224 pages.

Photo de Fredy Martinez via Unsplash.

  1. Je me suis posée la même question à propos du «dernier» dans le titre. À défaut de réponse, j’ai passé outre.

    Je l’ai aimé, ce roman. Surtout pour le portrait de Françoise, si loin des clichés liés à l’adolescence. J’ai aimé son côté «mouton noir». Un très beau personnage. Et que dire de l’aventure de Helen Klaben!

    Tout une découverte…

    1. Exactement. J’ai lu sur Babelio une critique qui disait qu’on ne peut pas aimer ce livre car il est impossible de s’attacher au personnage de Françoise. Je suis tombée des nues !

      1. Comme quoi, y’a toute sorte de monde pour faire un monde!

        Je remarque aussi que plusieurs lecteurs et lectrices ont de la difficulté à s’attacher à des personnages d’ados contemporains…

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