Eleaonor Oliphant va très bien | Gail Honeyman

Une bien belle découverte que ce livre dont on a finalement assez peu parlé en France mais que j’ai vu beaucoup passer sur les comptes bookstagram américains et britanniques. Comme souvent, j’ai été attirée par son titre qui laissait présager une lecture légère, en fin de compte, ce livre est bien plus sérieux qu’on pourrait le penser.

Eleanor Oliphant a 31 ans, elle est assistante comptable dans une agence de publicité et vit dans un chouette quartier de Glasgow. Eleanor n’a pas d’amis et sa famille se résume à sa mère qui l’appelle tous les mercredis soirs à la même heure. Eleanor est très seule mais peu lui importe puisqu’elle est autosuffisante, d’ailleurs les autres, elle ne les comprend pas très bien. En bref, Eleanor Oliphant va très bien. Enfin pas tant que ça. Tout fout le camp le jour où elle tombe éperdument amoureuse du chanteur d’un groupe de rock local. A compter de ce jour, elle décide de tout mettre en oeuvre pour être enfin avec celui qu’elle croit être l’homme de sa vie.

Comme vous l’imaginez, tout ne va pas se passer comme prévu. D’autant que Raymond, le nouveau collègue un peu geek d’Eleanor, pourrait bien remettre en cause tous les préjugés sur lesquels sa vie repose. Rassurez-vous, la ressemblance entre cette histoire et un livre de chick lit s’arrête là. Si la lecture commence dans la bonne humeur, on comprend vite que la personnalité et l’histoire d’Eleanor sont bien plus complexes qu’on pourrait l’imaginer. Car Eleanor a un secret, une histoire familiale terrible qui l’a poussée à se couper du monde, à ne compter que sur elle-même.

Quand on lit beaucoup, les personnages passent et, souvent, on les oublie vite. Le personnage d’Eleanor restera pourtant longtemps gravé dans ma mémoire tant elle est attachante. Je me suis reconnue à bien des égards dans cette jeune femme, et je suis à peu près convaincue qu’il en ira de même pour vous. J’irais même jusqu’à dire qu’on a tous en nous quelque chose d’Eleanor Oliphant.

Ce livre est aussi une belle réflexion sur notre société qui prône le conformisme. Les questionnements incessants d’Eleanor sur les conventions sociales qu’elle ne maîtrise pas du tout nous pousse à nous interroger sur leur bien-fondé et sur les préjugés que nous pouvons avoir sur les gens qui ne rentrent pas dans le moule. Ce livre est aussi une ode à l’amitié, la vraie, l’amitié inconditionnelle. On finit notre lecture avec un grand sourire, après avoir pleuré (un peu) et passé un excellent moment.

« J’ai parfois le sentiment que je ne suis pas là, que je suis le fruit de mon imagination. Il y a des jours où je me sens si peu attachée à la Terre que les fils qui me relient à la planète sont fins comme ceux d’une toile d’araignée, comme du sucre filé. Une grosse bourrasque suffirait à m’en détacher ; je m’élèverais et serais emportée comme des aigrettes de pissenlit. »

Eleanor Oliphant va très bien, de Gail Honeyman | Chez Fleuve éditions, 430 pages.

12 comments Add yours
  1. Très beau billet, miss!

    Sous ses (faux) airs de roman léger, ce roman dévoile une belle profondeur. Je l’ai beaucoup aimé, et je ne suis pas prête d’oublier cette Eleanor.

    1. Merci beaucoup ! Ce livre m’a tellement inspirée qu’il m’a convaincue de reprendre le blog que je boudais depuis début juin.

  2. Oui, il a fait la une de tous les BT et blogs US du coup j’ai eu peur de tomber dans la chick-lit puis j’ai vu une BT le critiquer car elle le trouvait indécis sur les gens souffrant de maladies ou de symptômes traumatiques.
    Du coup, j’étais vraiment surprise de voir Marie-Claude le lire et l’aimer ! Il va falloir que je le lise un jour 🙂

  3. Comme toi, j’ai adoré, et trouvé Eleonor hyper attachante. Je te rejoins sur les personnages qu’on oublie vite si on lit beaucoup, mais celui-ci est encore bien dans ma mémoire ! Preuve que le livre en valait la peine 😉

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