Chroniques de l’oiseau à ressort | Haruki Murakami

Résumer un livre de Murakami relève de l’exploit, en parler aussi d’ailleurs. Les Chroniques de l’oiseau à ressort ne font pas exception à cette règle. Comme toujours, Murakami nous plonge dans un univers dont lui seul à le secret, à la lisière du rêve et de la réalité. Et comme toujours, c’est réussi.

Toru Okada est l’archétype de Monsieur tout le monde. Il a une petite trentaine d’années, a quitté son boulot dans un cabinet juridique car il ne le passionnait pas, même s’il ne le détestait pas non plus. Depuis qu’il est au chômage, sa vie se résume à des tâches ménagères pendant que sa femme, Kumiko, est au travail. Tout bascule quand leur chat disparaît. A partir de cet évènement, la vie de Toru Okada va perdre toute logique. A la disparition de son chat va succéder celle de sa femme. Puis des personnages hauts en couleur vont croiser sa route avant de la quitter sans crier gare.

Comme dans tous les livres de Murakami, le lecteur est spectateur d’un monde onirique qu’il ne comprend plus vraiment. Les pages se tournent avidement, on perd tout sens logique mais en même temps plus rien ne nous surprend. Ce récit est riche, on oscille entre le Japon des années 90, l’occupation de la Mandchourie dans les années 30 puis la fuite des colons japonais après la débâcle en 1945.

Je me suis toujours demandée comment Murakami pouvait réussir à faire du lecteur un pantin suspendu à sa plume. Je crois qu’on appelle ça le génie. Une petite critique toutefois (mais toute petite) : ce récit est tellement riche qu’on a l’impression que Murakami ouvre des portes sans les refermer. Au final, on se retrouve, bien après avoir terminé ce livre, à continuer à y réfléchir, à s’interroger sur le rôle de tel ou tel personnage, sur l’incidence qu’a pu avoir tel évènement sur la vie de Toru Okada. Après tout, peut-être est-ce fait exprès ?

Le plus dur maintenant est de trouver ma prochaine lecture. Comme à chaque fois avec les livres de Murakami, j’ai l’impression qu’un peu de moi-même est resté dans son univers. Il va désormais falloir revenir à la réalité.

« La vérité n’est pas forcement dans la réalité, et la réalité n’est peut-être pas la seule vérité. »

Chroniques de l’oiseau à ressort, de Haruhi Murakami | Chez 10/18, 960 pages

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