Butcher’s crossing | John Williaws

C’est donc la deuxième fois en un mois que j’ai conscience d’avoir entre les mains un bon livre et d’être incapable de vraiment l’apprécier. La première fois, c’était avec Ouvrir son coeur, d’Alexie Morin. Cette fois-ci, c’est avec Butcher’s crossing, de John Williams.

Dans les années 1870, Will quitte l’Université de Harvard pour le Kansas. Le jeune homme espère trouver un sens à sa vie en mettant cap sur le Grand ouest. Arrivé à Butcher’s crossing, une bourgade minable de quelques âmes, il rencontre Miller, un chasseur. L’homme dit savoir où se trouve les derniers grands troupeaux de bisons, les autres ayant été quasiment exterminés pour leur fourrure. C’est ainsi qu’une petite équipe de quatre hommes se dirige vers cette plaine encastrée entre des montagnes. L’objectif ? Trouver les derniers troupeaux et tuer tous leurs membres jusqu’au dernier. Mais alors qu’ils sont absorbés par leur massacre, les hommes se retrouvent pris dans une tempête de neige.

Les Etats-Unis, les grands espaces, une histoire forte, ce roman avait a priori tout pour me plaire. Sauf que je n’ai jamais vraiment à réussi à rentrer dedans. C’est bien écrit, les personnages sont intéressants, les paysages magnifiquement bien décrits. John E. Williams réussi à mettre en place une ambiance singulière, qui oscille entre la liberté qu’inspirent les grands espaces et la promiscuité nocive qui s’instaure dans le petit groupe d’hommes.

Oui, Butcher’s crossing avait vraiment tout pour me plaire. Sauf que je n’avais pas envie de ça à ce moment là. Disons le, ce livre est très violent. Normal vu qu’il y est question d’un massacre, de l’anéantissement de toute une espèce. La partie où Miller chasse m’a complètement retournée, j’étais enragée, triste et j’en suis ressortie lessivée. Evidemment, j’ai conscience que c’était exactement l’effet escompté par l’auteur, mais voilà, je n’avais pas envie de ça et c’est ce qui m’a empêché de vraiment apprécier ce livre.

Dans ce récit, John Williams dépeint d’une main de maître la connerie et la méchanceté humaine. Cette histoire est dotée d’une morale forte, sur laquelle je ne m’étendrai pas sous peine de vous révéler la fin. C’est un bon livre mais certainement pas une lecture agréable, à mon sens du moins. Vous voilà prévenus.

« Il comprit qu’il n’avait pas fui parce qu’il était écœuré par le sang, la puanteur et les entrailles visqueuses. Il comprit que ce qui l’avait rendu malade, c’était le choc de voir le bison, si fier et noble quelques moments auparavant, désormais nu et impuissant, morceau de viande inerte, qui se balançait, grotesque et moqueur devant ses yeux, dépouillé de son identité, ou plutôt de l’identité qu’Andrews lui avait prêté. »

Butcher’s crossing, de John Williams | Chez 10|18, 336 pages.

Photo de Yuriy Rzhemovskiy via Unsplash

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